Bagdassarian
Seize et demi, 8 mois dans une prison pour mineur.e.s
France, 2024-2025
“ Dans cet espace opaque, entrecoupé de portes et de grilles, résonnent les cris des jeunes prisonnier·e·s. Ils communiquent entre eux d’une fenêtre à l’autre, avec nous, ou plus loin vers l’extérieur. Certains jours, sans raison apparente, tout devient incroyablement bruyant, électrique — puis, le lendemain, c’est le silence absolu. Au fil des jours, ma présence devient moins remarquée. J’attrape des histoires au vol : des débuts de phrases, des fins d’explications. Parfois, la tristesse dans la voix ou le regard d’un éducateur. La tension chez un·e surveillant·e. Les grésillements des talkies-walkies, les bruits métalliques des clés et des portes forment la dernière couche sonore, la plus évidente en prison : celle de la surveillance et du contrôle. Des histoires, il y en a partout dans la prison. Elles bourdonnent dans les couloirs à l’éclairage voilé, résonnent à travers les murs en béton, se faufilent dans les cours de promenade et les salles d’éducation. Mais le système carcéral n’aime pas les yeux et les oreilles extérieures. Alors la parole se tronque, s’auto-censure. ” (texte complet sur demande)